En 2026, le cloud est omniprésent. Pourtant, il y a à peine vingt ans, l’idée de confier ses données et ses logiciels à des serveurs distants semblait futuriste, voire risquée. Comment cette technologie est-elle passée d’un concept marginal à l’infrastructure invisible qui sous-tend notre vie numérique ?
C’était comment le cloud avant que le cloud existe ?
L’histoire du cloud remonte bien plus loin qu’on ne le pense. Dès les années 1960, des informaticiens plutôt visionnaires comme J.C.R. Licklider, imaginent un réseau où les utilisateurs pourraient accéder à des programmes et des données depuis n’importe quel terminal. Ce concept, appelé « time-sharing », posait les bases du cloud moderne en permettant à plusieurs utilisateurs de partager les ressources d’un même ordinateur central. À cette époque, les ordinateurs étaient des machines encombrantes et coûteuses, réservées aux grandes institutions.
Dans les années 1970 et 1980, avec l’émergence des réseaux locaux (LAN) et des premiers protocoles de communication comme TCP/IP, l’idée de partager des ressources informatiques à distance commence à prendre forme. Cependant, ce n’est qu’avec l’arrivée d’Internet dans les années 1990 que les premières applications « en ligne » voient le jour. Des entreprises comme Salesforce, fondée en 1999, deviennent pionnières du « Software as a Service » (SaaS), en proposant des logiciels accessibles via un navigateur web, sans installation locale.
Et puis on peut dire qu’un tournant majeur survient en 2006, lorsque Amazon Web Services (AWS) lance ses premiers services cloud grand public. Pour la première fois, entreprises et particuliers peuvent accéder à des ressources informatiques à la demande, sans avoir à investir dans du matériel coûteux. Google et Microsoft suivent rapidement avec Google Cloud et Azure, démocratisant l’accès à une puissance de calcul quasi illimitée.
Les pionniers méconnus : des entrepreneurs audacieux
Si les géants de la tech ont popularisé le cloud, des entreprises à taille humaine ont joué un rôle clé dans son développement. Et devinez quoi, Oriso en fait partie, et a été l’une des premières à proposer des serveurs gérés à distance pour ses clients. À l’époque, l’idée était plutôt révolutionnaire : « On installait des serveurs chez les clients et on les gérait depuis nos bureaux, » raconte François Michaud, co-fondateur d’Horizon. Il précise qu’ « En 2005, on a créé notre propre ‘centrale’ pour offrir des environnements complets en ligne, bien avant que le mot ‘cloud’ ne devienne courant. »
Mais le défi restait de taille, il fallait convaincre les clients et surtout les banques. Les modèles d’abonnement récurrents, aujourd’hui standard, étaient alors incompris des institutions financières : « Les banques ne comprenaient pas cette transition. » !
Comment s’imposer en tant que cloud souverain ?
Il est clair que le lancement d’AWS en 2006 a marqué un tournant, cependant, un écosystème concurrentiel persiste. Aujourd’hui, AWS, Google Cloud, OVH et Microsoft Azure dominent le marché, mais des acteurs comme Oriso se démarquent fortement, en particulier grâce à un facteur : la souveraineté des données qui permet, entre autres, de protéger les données des lois étrangères comme le Cloud Act américain ! « Les gros joueurs créent des écosystèmes qui emprisonnent leurs clients, » nous explique François Michaud. Oriso développe des outils qui simulent les microservices des géants, permettant aux clients de migrer facilement d’un cloud à l’autre.
Les prochains défis du cloud
Dans un monde en constante évolution, il est important d’être conscient des prochains défis auxquels le cloud va devoir faire face :
- La souveraineté des données : Avec les enjeux géopolitiques actuels, la souveraineté est au coeur des préoccupations. Par exemple, le Cloud Act américain permet aux autorités d’accéder aux données stockées à l’étranger par des entreprises US. Pour y échapper, de plus en plus d’entreprises se tournent vers des clouds souverains qui garantissent que les données restent sous juridiction locale !
- L’écologie : Les data centers ont un impact environnemental croissant. Pour le réduire, il va falloir que les acteurs misent sur les énergies renouvelables, l’optimisation des infrastructures (refroidissement intelligent, virtualisation) et des normes d’efficacité énergétique plus strictes.
- Démocratisation : Saviez-vous que 80% des dirigeants au Canada stockent leurs données au sein des hyperscalers ! Il est donc impératif de mettre en lumière les cloud souverains et de les rendre accessibles et faciles d’utilisation pour tous les secteurs d’activité !
Soyons audacieux et visionnaires !
Les débuts du cloud ont été marqués par l’audace de pionniers, la résistance au changement, et une innovation constante. Aujourd’hui, le cloud est un pilier de notre monde numérique, mais son potentiel est loin d’être épuisé. Entre souveraineté, écologie et accessibilité, les défis de demain promettent de rendre cette technologie encore plus essentielle et plus responsable !








