Le cloud, c’est la promesse d’une infrastructure simple, flexible et maîtrisée. Et pour la grande majorité des organisations qui y ont migré, cette promesse s’est confirmée, jusqu’au jour où la facture arrive. Parce qu’entre le prix affiché sur le site des hyperscalers et ce que vous payez réellement, il y a souvent un gouffre. Et ce gouffre, personne ne vous l’explique réellement.

Dans cet article, nous faisons au mieux pour décortiquer les raisons des coûts que ces acteurs majeurs du marché n’affichent pas en gras, et comme à notre habitude, on vous donne les clés pour reprendre le contrôle de votre budget cloud en 2026.

Le constat : un gaspillage en hausse pour la première fois en cinq ans

Le rapport Flexera 2026 State of the Cloud, basé sur une enquête auprès de 753 décideurs cloud à travers le monde, révèle une réalité préoccupante : le gaspillage de dépenses cloud a augmenté à 29 % pour la première fois en cinq ans. En clair, près d’un dollar sur trois dépensé dans le cloud ne produit aucune valeur réelle pour l’organisation.

Gérer les dépenses cloud demeure le défi principal pour 85 % des organisations, toujours selon ce rapport. Et malgré une maturité croissante en gouvernance, la complexité amenée par l’IA et les nouvelles offres PaaS et SaaS rend les prévisions budgétaires plus difficiles que jamais.

Et ce n’est pas seulement un problème de grandes entreprises. D’après Systalink, les coûts cloud sont plus élevés que prévu pour 6 organisations sur 10, et 71 % des organisations s’attendent à une augmentation de leurs dépenses cloud.

Les 5 coûts que votre contrat cloud ne met pas en évidence

Le modèle tarifaire des grands fournisseurs cloud repose sur une mécanique bien rodée : l’entrée est simple, transparente, attractive. Jusqu’ici, pas de problème à l’horizon, vous allez nous dire. Ben, c’est la sortie, et tout ce qui se passe entre les deux, qui réserve les surprises.

1. Les frais de sortie de données

Envoyer vos données vers le cloud (ingress) est presque toujours gratuit. En revanche, les extraire, pour les consulter ailleurs, les transférer vers un autre service, ou simplement les récupérer, est payant. Ces frais de sortie, appelés « egress fees », sont calculés au gigaoctet transféré, et peuvent rapidement faire grimper une facture de façon spectaculaire.

2. Le sur-provisionnement

Le sur-provisionnement représente 30 à 40 % des coûts liés au cloud. L’écart entre la capacité provisionnée et la capacité demandée est de 40 % pour les processeurs et de 57 % pour la mémoire, d’après Byteoia. C’est l’équivalent de louer un entrepôt de 1 000 m² parce que vous pourriez en avoir besoin un jour, et de payer le loyer chaque mois, qu’il soit plein ou vide.

Entre nous, la logique « au cas où » est rassurante à court terme. Elle est coûteuse à long terme, ce qui n’est pas viable pour n’importe quelle entreprise, notamment les PME.

3. Les services additionnels qui s’accumulent

La sécurité, les sauvegardes, la surveillance, le support technique, la conformité… chacun de ces éléments est souvent présenté comme une option, une extension, un module complémentaire. Mais dans la pratique, ils sont indispensables. Et chaque option s’additionne à la facture de base, souvent sans que personne dans l’organisation n’ait approuvé l’ensemble du panier.

4. Le taux de change

La plupart des hyperscalers américains établissent leurs tarifs en dollars américains. Même à consommation totalement stable, la facture mensuelle d’une organisation canadienne peut varier significativement selon les fluctuations du taux de change CAD/USD, une variable particulièrement instable dans le contexte économique actuel, on ne va pas se le cacher.

En clair, votre consommation n’a pas bougé. Votre budget non plus. Pourtant, votre facture a augmenté. Bienvenue dans la réalité d’un budget cloud libellé en devises étrangères.

5. Le verrouillage fournisseur

Les frais de sortie ont un effet stratégique bien documenté : ils augmentent les barrières à la migration et dissuadent les entreprises de changer de fournisseur, même quand ce serait dans leur intérêt. Selon le ministère de l’Économie de nos cousins de l’autre côté de l’Atlantique, changer de fournisseur cloud peut représenter des frais équivalents à 125 % du coût d’abonnement annuel.

En d’autres mots : plus vous restez longtemps, plus partir devient coûteux. C’est ce qu’on appelle le « verrouillage fournisseur », et ça, c’est un coût que vous payez sans jamais le voir apparaître sur une facture.

Ce que ça signifie concrètement pour les organisations québécoises

Selon une enquête Gartner, seulement 48 % des projets de transformation numérique atteignent pleinement leurs objectifs, et à l’échelle mondiale, les initiatives qui échouent coûtent aux organisations environ 2 300 milliards de dollars par année. Ce n’est pas un problème de technologie. C’est un problème de visibilité et de gouvernance.

Gartner prévoit que les dépenses en infrastructure cloud souveraine atteindront 80 milliards de dollars en 2026, en hausse de plus de 35 % en un an, avec 20 % des charges de travail qui migreront des grands hyperscalers vers des fournisseurs cloud locaux. Les organisations commencent à comprendre que le prix affiché n’est pas le prix réel, et que la prévisibilité budgétaire a une valeur en soi.

Votre check-list non exhaustive pour reprendre le contrôle de vos coûts cloud

Avant de renouveler ou signer un prochain contrat cloud, voici quatre questions à poser à votre fournisseur, ou à votre équipe interne :

Quels sont mes frais de sortie de données ? Demandez le tarif exact au gigaoctet, par région, et simulez ce que coûterait le fait de récupérer l’ensemble de vos données aujourd’hui.

Quel est mon taux d’utilisation réel ? Si vous ne savez pas quelle proportion de votre capacité cloud est réellement utilisée, vous payez probablement pour du vide. Un audit de provisionnement peut révéler des économies immédiates.

Ma facture est-elle en dollars canadiens ou américains ? Si elle est en USD, intégrez une marge de fluctuation dans votre budget annuel, ou choisissez un fournisseur local dont la tarification est fixée en CAD.

Quel serait le coût de changer de fournisseur aujourd’hui ? Si la réponse est floue ou inquiétante, c’est le signe que vous êtes peut-être dans une situation de dépendance. Mieux vaut le savoir maintenant que lors d’une renégociation.

Si nous devions résumer

Le cloud reste l’un des leviers technologiques les plus puissants à la disposition des organisations en 2026. Mais comme tout outil puissant, il mérite d’être compris avant d’être utilisé à pleine capacité. 6 organisations sur 10 paient plus que prévu. 85 % citent les coûts comme leur défi numéro un. Et le gaspillage repart à la hausse pour la première fois en cinq ans.

Ce n’est pas une fatalité, c’est un problème de gouvernance et de visibilité.

Chez Oriso, nous croyons que la transparence tarifaire n’est pas un luxe, c’est une condition de base d’un partenariat sain. Une facturation en dollars canadiens, un budget prévisible, et un interlocuteur humain qui connaît votre infrastructure, c’est exactement ce que nous construisons avec chaque client.

Parce qu’un bon partenaire cloud, ça ne devrait jamais vous surprendre à la fin du mois.